Charbonnage de Sauwartan


13 juin 2011



Charbonnage de Sauwartan


Histoire

L’Abbaye de Saint-Ghislain, seigneur haut-justicier de la région, donna le droit d’extraire la houille dans ses bois, sous les juridictions de Dour et Hornu, à la fin du XVIIIème siècle. Au départ, le charbonnage vivote et bénéficie de malchance (accidents, …).

Une société civile est constituée en 1845. C’est « La Société du Grand-Bouillon et de Sauwartan sur Dour ». Elle dispose de moyens financiers importants qui lui permettent de creuser de nouveaux puits, d’approfondir les anciens, d’installer des voies ferrées et des fours à proximité.

En 1860, pour accroître ses moyens, la société devient, par fusion, « La Société Anonyme du Grand-Bouillon et des Chevalières du Bois de Saint-Ghislain ». D’acquisitions en fusion, Sauwartan finira dans le giron de la fameuse « Ouest de Mons » dans les années ’50.

Vers 1959, lors de la liquidation de la « Société Anonyme des Charbonnages du Borinage », dont Sauwartan faisait finalement partie, le châssis à molette et son terril furent racheté par la famille Dréau de Flénu.

Le châssis à molette en béton a remplacé un chevalement en bois en 1928. Ce châssis en béton est le seul du genre qui subsiste encore aujourd’hui sur le territoire du bassin houiller du couchant de Mons.

Conçu selon le système de Freycinet, du nom de l’ingénieur français spécialisé dans le béton armé, le châssis a été construit suivant les plans de l’architecte Crombez de Wasmes. Il subsiste encore le carré de la « recette » (endroit où s’arrêtent les cages) et une partie de « l’envoyage ». Les constructions sont faites de poutrelles de béton avec un remplissage de briques. Le béton a une souplesse d’utilisation, une forte résistance et une rapidité de mise en œuvre qui explique son emploi.

Dour : Société Anonyme du Bois de Saint-Ghislain, puits n°1 dit "Sauwartan". 
En 1880, un coup de mine entraîna 9 morts. 

Le charbonnage du Sauwartan a été précocement fermé le 6 octobre 1938. Des traces d'exploitation, il ne reste aujourd'hui que le chevalement en béton, qui garde l'entrée du Bois de Colfontaine à la manière d'un vieux dragon endormi. Cette vue inattendue frappera à coup sûr le visiteur.

En mai 1944, les alliés bombardèrent le bois de Saint Ghislain croyant y voir la ville du même nom. Des trous de bombes se voient encore, aux pieds du terril.
Les installations ont étés classées en 1991.


Archéologie Industrielle


in English here
Sauwartan - Dour - Borinage # 010


“ Chevalements - Puits - Fosses - Carreaux de Mines ”
chevalementDans un complexe minier, le chevalement est la construction qui sert d'extraction. Il permet de faire descendre et monter les mineurs, le matériel et le minerai dans un puits. C'est un élément fondamental au bon fonctionnement d'une mine, il est la liaison entre le fond et le jour.
On l'appelle aussi "Belle Fleur" ou "Chassis à molettes" en Belgique, "Beffroi" dans le nord de la France et éventuellement "Chevalet de mine".
Il se divise en trois parties bien distinctes :
  1. Le puits
  2. Le chevalement
  3. La machine d'extraction
Au fil des années il s'est modernisé et a adopté de nouvelles techniques, mais le principe en lui même est toujours rester identique : faire descendre une cage au fond d'un puits, et cela grâce à un systeme de poulies (les molettes) actionné par un treuil motorisé (la machine d'extraction). On retrouve ensuite selon le type de mine, le minerai, le lieu, plusieurs modèles et formes de chevalements et également de machines d'extractions.
L'évolution du chevalement est la tour d'extraction, c'est un bâtiment "tout en un" qui reçoit la machine d'extraction directement a son sommet.
Le puits :
C'est à partir de celui-ci que découle toute l'infrastructure du chevalement, et à la nécessité d'ouvrir une mine. Il est principallement vertical, circulaire ou carré, mais il peut être également incliné (descenderie). Il sert au transport du personnel, du matériel, du minerai mais aussi à l'aérage.
Le chevalement :
Il s'élève au dessus du puits, c'est la construction qui est "visible" à la différence du puits, et qui est la plus reconnaissable dans le paysage, à sa base il est constitué de la recette jour. En fonction du type de mine, l'architecture varie :
  • Type de construction : Construction métallique, en béton, en pierre ou en bois
  • Type de chevalement : Avant carré porteur, en porte à faux, portique...
Il est formé par des poussards qui sont les "jambes" du chevalement, ils sont au nombre de deux ou quatre et soutiennent l'édifice. Autre élément très identifiable, les molettes, ce sont les "poulies" qui sont situés tout en haut du chevalement.
La machine d'extraction :
C'est ce qui permet de faire tourner les molettes, et donc de faire monter ou descendre la cage dans le puits, grâce aux câbles. Elle se compose toujours d'un moteur, de son système d'extraction, et de son poste de commande.
  • Système d'extraction par tambour (cylindrique ou bicylindroconique) (câbles ronds): le câble s'enroule et se déroule autour d'un tambour. On utilise souvent deux tambours, quand la cage monte, le tambour s'enroule, quand un second tambour se déroule : l'autre cage descend.
  • Système d'extraction par bobine (câble plats) : C'est le même principe que le tambour, mais pour un gain de place, le câble s'enroule sur lui même autour d'une bobine.
  • Système d'extraction par poulie Koepe (du nom de son inventeur) (câbles ronds, bicâbles, quadricâbles ou plus) : A chaque extremité du câble se trouvent les cages, le câble forme une boucle et ne fait que coulisser autour d'une poulie. C'est le système le plus moderne, les machines sont moins puissantes car elles n'ont qu'à entrainer le câble dans le puits.
Passons au moteur :
  • A force animal : C'est le principe du manège, un cheval tourne autour d'un axe et enroule un cable autour de celui-ci.
  • A force humaine : C'est le même principe, le cheval est remplacé par la force d'un homme.
  • Hydraulique : L'eau qui s'écoule dans une roue actionne l'axe de roulement.
  • Pneumatique : Installé uniquement au Puits Hottinguer, la cage monte ou descend par aspiration ou dépression d'air dans un tube fermé.
  • A vapeur
  • Electrique




Présentation actuelle du site
Sauwartan

Sauwartan02
Le charbonnage est en ruine. on remarque l'absence quasi-totale des structures métalliques (molettes, machines, rails...). Seules les parties en béton sont conservées mais en mauvais état.
Les installations visibles ne présentent que les structures d'extraction et de traitement proprement dites. Il ne subsiste aucunes traces d'installations annexe comme, loge de garde, bureaux, vestiaires, ateliers ou murs d'enceinte.
Attention, certaines installations présentent un risque de chute, je déconseille l'accès des installations aux novices.
Visite du 27 août 2010
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Un terril, sur la route du Charbonnage.
Les installations sont perdues au fond de la rue du Sauwartan, à Dour.
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L'entrée du Charbonnage, au fond de la rue du Sauwartan.
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Vue sur la rue à l'entrée du Charbonnage.
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Elles sont désormais envahies par la végétation
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Ce chaos présente les ruines de l'ancienne machine d'extraction
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Le Châssis à Molettes, amputé de ses molettes
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Second puits de mine
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Dalle du puits et détails sur son exploitation
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Détails sur le clichage (rez-de-chaussée). Cette partie été ouverte, seul le moulinage et les culbuteurs étaient à ossature de béton et remplissage de briques. Une architecture caractéristique des années 1920-1925.
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Point de passage entre la passerelle et la station de culbutage. A gauche, une trémie.
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Vue de dessous sur la passerelle de roulage
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Vue du dessus sur la trémie avec les ouvertures latérales pour chargement.
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Niveau inférieur des trémies
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Détails du trappe de regard "Mise à l'air"
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Massif d'une installation de chargement
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Partie extérieure de l'installation de chargement
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Vue sur la station de culbutage, depuis la passerelle de roulage.
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Moulinage, au centre, le puits.
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Vue plongeante vers le puits
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Vue du dessus du châssis à molettes. Certaines moises sont encore présentes.
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Station de culbutage et de chargement
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Partie de l'installation de chargement
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Le châssis et son bâtiment d'extraction
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Vue au niveau des eaux sur le faux carré.
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Jambes du châssis
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Ce bloc de béton marque la présence de la Machine d'Extraction, un bobine. Les entrées permettent la visite et le graissage de la machine.
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Écrous de fixation encore en place
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Axe du puits
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Ruines de l'escalier
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Étage de la salle avec au fond, l'emplacement de la machine.
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Le terril est un conique en grande partie boisé. Un flanc présente encore peu de végétation, qu'attirent quelques biches, au fond à droite.

Et les très belles photos du terril par Daniel Charneux à voir ici



souvenir


Bonjour, je m appelle jo durant mon enfance ma Grand mère habitait en face du charbonnage ,dans une roulotte "vrai".Avec mes frères et soeurs et quelques copains , nous allions souvent jouer sur se site on montaient on allez au premier étage .J ai appris a fumer tout ça en cachette bien sûr , car si nos parents avez su .Puis un jour ce qui devait arriver et arrivé un copain est tombé,il a eu une fracture du crane ,on la transporté d urgence en voiture a l hopital de warquignie a près ça ne ne sommes plus jamais monté nous avions eu bien trop peur .A revoir toutes ses photos me rempli de souvenir de ma jeunesse .Merci a vous
Posté par jo, 19 janvier 2012 à 17:04






la sauvegarde du site de Sauwartan à Dour


  • Session : 2010-2011
  • Année : 2011
  • N° : 377 (2010-2011) 1

Question écrite du 01/03/2011

  • de TACHENION Pierre
  • à LUTGEN Benoît, Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine


La commune de Dour est l'une des rares communes à avoir la chance de conserver sur son territoire les vestiges d'un charbonnage dont le châssis à molette est en béton.


Conçu selon le système de Freycinet, du nom de l'ingénieur français spécialisé dans le béton armé, le châssis a été construit suivant les plans de l'architecte Crombez de Wasmes. Il subsiste encore le carré de la « recette » (endroit où s'arrêtent les cages) et une partie de « l'envoyage ». Les constructions sont faites de poutrelles de béton avec un remplissage de briques. Le béton a une souplesse d'utilisation, une forte résistance et une rapidité de mise en oeuvre qui expliquent son emploi.


S'agissant d'un patrimoine minier rare, puisqu'à ma connaissance c'est le dernier de ce genre dans la région de Mons-Borinage et alentours, les ruines de l'ancien charbonnage en béton furent classées le 30 août 1991.


Le site bénéficie également d'un classement en zone Natura 2000 pour la richesse de sa faune (grenouille rousse, sittelles, pic épeiches, chauve-sauris) présente sur le terril de l'ancien charbonnage de Sauwartan.


En 2008, la presse quotidienne régionale relayait la promesse de Monsieur le Ministre d'un déblocage d'une aide de 80.000 euros pour l'aménagement d'une aire d'accueil et d'un sentier balisé jusqu'au sommet du terril, permettant de mettre en valeur ce patrimoine auprès de la population. Il s'agissait, notamment, de créer une chaîne de trois terrils complémentaires avec un terril « sport », un terril « nature » et un terril « patrimoine » reliés entre eux par un sentier.


Monsieur le Ministre pourrait-il me dire si l'aménagement du site de Sauwartan et toujours d'actualité ?


Quelles sont la destination et l'affectation futures réservées pour ce site classé au patrimoine wallon ?


Quelles actions seront menées en vue d'éviter la disparition du châssis à molette en béton, enclavé dans un bois et dont la sauvegarde est menacée par les dégradations du temps et certains vandalismes et incivilités ?

Réponse du 21/03/2011

  • de LUTGEN Benoît


Le châssis à molettes ou « belle fleur » du charbonnage de Sauwartan à Dour a été classé comme monument et l'ensemble formé par le terril et celui-ci comme site par arrêté ministériel du 30 août 1991.


Lorsque j'étais Ministre du Tourisme, j'ai effectivement initié une opération de mise en valeur de ce site remarquable. A présent, dans le cadre du Patrimoine, il ne m'est pas possible d'octroyer de subvention pour la restauration d'un site classé. Seul un monument classé peut bénéficier d'une aide à la restauration.


Mais je tiens à insister sur le fait que le propriétaire d'un bien classé doit l'entretenir en bon père de famille et que c'est à lui de proposer une nouvelle affectation respectueuse des qualités du bien qui ont conduit au classement.

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